Quels sont les grands changements techniques en matière d’augmentation mammaire?
L’augmentation mammaire reste une des opérations les plus pratiquées dans le monde occidental et civilisé
La demande ne cesse de croître d’environ 2% par an
Mais il existe en profondeur un certain nombre d’évolutions qu’il est bon de reconnaître :
1) Le matériau gel de silicone plus enveloppe de silicone garde la première place dans la demande des chirurgiens et des patients
2) Il y a eu de grands progrès dans la confection des parois en feuillets autour du gel de silicone qui sont devenus plus cohérentes, plus résistantes avec un remplissage qui avoisine les 100% afin d’obtenir une forme s stable à l’intérieur du corps humain
3) Le gel lui-même est actuellement un gel de d’origine médical contrôlé par des agences étatiques pour éviter des scandales type PIP ; ces gels sont exempts d’un certain nombre de molécules chimiques nocives
4) Toutefois la perspiration, c’est-à-dire la fuite des molécules de silicone en dehors de l’enveloppe, restent prouvée malgré tous les progrès des industriels
5) Des solutions alternatives ont été essayées telle l’addition de substances venues de l’industrie aéronautique qui peuvent diminuer le poids des prothèses en occupant plus d’espace par rapport au gel qui les entoure.
6) D’autres tentatives expérimentales font état de l’utilisation d’hydrogel ou de cellules graisseuses qui serait enveloppées et protégées dans une enveloppe stable.
7) Mais au final la filière gel de silicone plus enveloppe en silicone reste celle qui est la plus populaire, car elle permet une durée de vie des implants de 15 à 20 ans et non plus de 10 ans comme autrefois.
Les voies d’abord sont devenues plus petites
1) L’utilisation d’astuces techniques telles que des poches translucides qui permettent d’introduire la prothèse puis de la pousser à l’intérieur de la loge autorisent des incisions plus petites que ce soit au niveau de l’abord hémi- aréolaire inférieur où axillaire.
2) L’introduction la plus populaire reste l’incision sous mammaire qui est bien plus utilisée aux États-Unis et par certains chirurgiens en France.
3) Ma voie d’abord préférée est l’incision axillaire le long d’une ligne axillaire ou d’un pli axillaire qui permet le passage de la prothèse en pré ou rétro musculaire en fonction de chaque cas.
Le positionnement des prothèses a subi aussi des modifications:
1) Jusqu’aux années 2010, l’introduction des prothèses mammaires se faisait
préférentiellement en position rétro musculaire, donc rétro pectorale : c’était la voie favorite de bien des auteurs surtout en matière de reconstruction du sein après cancer.
2) Mais depuis l2010 et aussi dans ma propre expérience le positionnement pré
musculaire n’a cessé de gagner en intérêt car il donne une poitrine qui est plus
naturelle ; on n’observe plus « la valse des prothèses « qui est la remontée des
prothèses au moment de la contraction du muscle pectoral, ce qui est extrêmement préjudiciable, fâcheux et désagréable pour les patientes surtout quand elles sont en salle de sport et que d’autres personnes les observent.

Le choix des volumes des prothèses s’est stabilisé depuis une dizaine d’années
1) Jusqu’aux années 2010 la taille idéale des prothèses était de l’ordre de 160 à 260CC car les patientes désiraient une poitrine plutôt petite et naturelle/
2) Depuis les années 2010 on a assisté à une demande qui n’a cessé d’augmenter en faveur de prothèses plus volumineuses ; dans certains cas, elles peuvent attendre 500 ou 600cc par côté- ce qui donne une poitrine de type hypertrophique.
3) Actuellement cependant la mode s’est un peu assagie et les prothèses qui sont les plus utilisées sont de type 300 cc s par côté avec des profils extrêmement variables en fonction des demandes des patients/
La législation autour des prothèses et leur garantie dans le temps ont évolué
Certains fabricants ont même essayé d’établir une garantie à vie pour l’implantation des prothèses mammaires promettant le remboursement des frais s’il fallait les changer pour une anomalie vérifiable par leur laboratoire d’analyse ; mais cette proposition comporte un certain nombre d’inconvénients ce qui fait que la garantie n’est pas aussi absolue qu’on pourrait le croire/ D’autres fabricants proposent l’implantation d’une puce pour la traçabilité constante de l’implant afin de pouvoir retrouver facilement son origine son volume et la date de son implantation ; mais on compte ces laboratoires sur les doigts d’une main !
Quelle est la sécurité des implants mammaires actuels ?
1) On admet que les implants actuellement mis en service ont une fiabilité à quatre-vingt-dix-huit pourcent ; les risques de coque c’est- à-dire de durcissement autour de la prothèse ne dépassent pas 2% des cas.
2) La surface extérieure des implants doit être lisse ou micro texturée car on s’est aperçu que les implants macro texturés notamment du laboratoire A :::::::::: ont entraîné des risques de Lymphome anaplasique à grandes cellules qui est une forme de cancer local redoutable ! Une surveillance est donc nécessaire chez tous les patients qui ont subi une implantation mammaire avec des
visites régulières auprès de leur médecin ; un contrôle par la palpation et des mammographies est nécessaire de façon régulière.
Y a-t-il des alternatives au niveau des implants mammaires en
silicone ?
1)Il existe effectivement maintenant la possibilité de faire des lipofillings – c’est-à-dire une autogreffe de sa propre graisse)-,chez les patientes qui ont des réserves suffisantes pour corriger une asymétrie à la suite d’implants non satisfaisants ou pour estomper les bords des implants : ceci s’appelle une augmentation mammaire hybride ; cette alternative original brillante a été développée par un de mes élèves , le docteur Éric Auclair malheureusement décédé récemment.
2)l’utilisation isolée de la Graisse pour augmenter la poitrine pratiquée de façon de plus en plus fréquente mais elle n’est possible que chez les patientes qui ont une réserve de graisse suffisante au niveau du ventre ou de la culotte de cheval, et qui acceptent plusieurs interventions à la suite : car chaque intervention ne permet que de 30 à 50% du survie au volume graisseux implanté ; il n’est pas possible actuellement de stocker la graisse pour qu’elle soit utilisée quelques ça jour plus tard car on a pas les moyens de conservation satisfaisants malgré des recherches actuelles qui pourraient être prometteuses.
En conclusion
L’augmentation mammaire par implant siliconé reste une méthode hautement recommandable et utile qui permet aussi bien en chirurgie esthétique en chirurgie réparatrice ou après cancer du sein d’obtenir un galbe mammaire satisfaisant pour une durée prolongée mais qui nécessite néanmoins une surveillance pendant toute la vie de la patiente..